Une absence de preuve n’est pas une preuve d’absence — Modèle mental

Une absence de preuve n’est pas une preuve d’absence. Ce n’est pas parce que vous ne pouvez pas prouver que quelque chose existe que vous avez la preuve que quelque chose n’existe pas.

Un exemple : ce n’est pas parce qu’on a pas prouvé que la vie extraterrestre existait que cela prouve qu’aucune vie extraterrestre n’existe.

Le satellite TESS de la NASA a découvert en janvier dernier une planète dont la taille correspond à celle de la Terre et qui se situe à une distance de son étoile qui permettrait d’y trouver de l’eau sous forme liquide — donc potentiellement de la vie.

Peut-être que la vie extraterrestre existe mais que nous n’avons pas encore cherché au bon endroit. Ou peut-être qu’on ne cherche pas ce qu’il faut, c’est à dire qu’une forme de vie différente de la notre existe.

Dernièrement, avec la crise du covid-19, ce modèle mental m’a été très utile.

J’ai récemment lu un article dans lequel le PDG d’une chaine de supermarché était interviewé. Il y déclarait : « Nous voulons rassurer les consommateurs : il n’y a aucune preuve que l’emballage d’un produit acheté en supermarché puisse transmettre le coronavirus ».

Une absence de preuve n’est pas une preuve d’absence. Ce n’est pas parce qu’on a pas la preuve qu’un emballage transmette le virus que ça prouve que c’est impossible. Par principe de précaution (un autre modèle mental dont on parlera bientôt) je désinfecte tout les produits que j’achète au supermarché avant de les ranger ou de les utiliser.

Même l’OMS est tombée dans le panneau. « Il n’y a aucune preuve que les masques empêchent la transmission du virus. Ne les utilisez pas. » Quelques semaines plus tard, on nous dit qu’en réalité les masques sont utiles et les gourvernements se mettent à les distribuer à toute la population.

Dans un premier temps, aucune étude n’avait prouvé que les masques étaient efficaces, mais ça ne prouvait pas qu’ils ne l’étaient pas. D’autres études ont été menées depuis, et ont prouvé le contraire. Par principe de précaution, il aurait donc mieux fallut utiliser un masque dès le début : mieux vaut porter un masque pour rien que de ne pas en porter mais risquer d’être contaminé.

Comme la plupart des modèles mentaux, celui-ci peut parfois être utilisé de manière malhonnête : pour faire taire les critiques et les personnes qui remettent en question une théorie.

Un exemple avec les compléments alimentaires : certains produits sont vendus comme ayant des pouvoirs « détoxifiant », mais en réalité aucune étude ne prouve leur efficacité réelle.

Si vous émettez des doutes, les vendeurs vous diront : « Une absence de preuve n’est pas une preuve d’absence. Ce n’est pas parce qu’aucune étude n’a été faite pour prouver que cette molécule soit détoxifiante que ça prouve qu’elle ne l’est pas. »

C’est vrai mais, par principe de précaution encore une fois, je préfère qu’une étude prouve l’efficacité d’une molécule avant d’avaler n’importe quoi.

(Qu’ils s’agisse de scientifiques, d’entrepreneurs, d’investisseurs ou de créatifs, les plus grands cerveaux de la planète prennent chaque jour des milliers de décisions. S’ils sont capables de prendre autant de décisions, de résoudre des problèmes aussi compliqués, d’anticiper la façon dont le monde évolue, c’est parce qu’ils s’appuient sur des outils puissants mais malheureusement trop peu connus : les modèles mentaux. Les modèles mentaux sont des outils qui vous permettent de mieux appréhender le monde, de prendre de bonnes décisions, ou encore d’affronter les situations complexes avec plus de sérénité. Ils représentent une vraie boite à outils pour votre cerveau. Plus vous en connaitrez, mieux vous serez équipé pour prendre des décisions rapides et intelligentes. Je publie régulièrement sur mon blog de nouveaux modèles mentaux. Vous pouvez retrouver ceux déjà publiés ici : Les Modèles Mentaux.)

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