Ce qu'un test de personnalité m'a appris sur ma façon de penser

Comprendre son mode de pensée (réseau vs hiérarchie) permet de choisir des outils qui fonctionnent avec soi, pas contre soi — et transforme la « désorganisation » apparente en architecture cognitive cohérente.

Cette semaine, j'ai fait un test de personnalité, pour comprendre quelque chose qui me frustre depuis des années.

Le test s'appelle le MBTI (Myers-Briggs Type Indicator). Il a été développé dans les années 1940 par Katharine Cook Briggs et sa fille Isabel Briggs Myers, en s'inspirant des travaux de Carl Jung sur les types psychologiques. Aujourd'hui, c'est l'un des tests de personnalité les plus utilisés au monde — par des entreprises, des coachs, des recruteurs, et des millions d'individus qui cherchent à mieux se comprendre.

Le MBTI n'est pas un outil de diagnostic clinique, d’ailleurs, sa « scientificité » est souvent remise en cause. Son objectif n’est pas de prédire votre avenir, ni de vous enfermer dans une case. Ce test est plutôt une sorte de miroir : une grille de lecture qui peut ouvrir de nouvelles perspectives sur votre façon de penser, de décider, d'interagir avec le monde. Prenez-le pour ce qu'il est : un point de départ pour la réflexion, pas une vérité absolue.

Mon résultat : INTJ-A — « L’Architecte ».

C'est l'un des profils les plus rares : environ 2 % de la population. Et, en lisant la description, j'ai eu un de ces moments où tout s'éclaire. Parmi les caractéristiques de l'INTJ, il y en a une qui m'a frappé :

« L'architecte pense en systèmes et en connexions. Il voit des patterns là où d'autres voient des éléments isolés. Il cherche à comprendre comment les choses s'articulent entre elles. »

Et là, j'ai compris pourquoi je n'ai jamais réussi à organiser mes fichiers dans des dossiers. Pourquoi je déteste les arborescences. Pourquoi, à chaque fois que je crée un nouveau document, je me demande : « Où est-ce que je range ça ? » — et que la réponse ne vient jamais.

Ce n'est pas de la désorganisation. C'est que mon cerveau ne fonctionne pas en hiérarchie. Il fonctionne en réseau.

Roam Research, ou la révélation

Il y a quelques années, j'ai découvert Roam Research — un outil de prise de notes qui fonctionne différemment. Pas de dossiers. Pas de structure imposée. Juste des pages, des liens bidirectionnels, et la possibilité d'afficher plusieurs idées en parallèle. Pour la première fois, j'avais un outil qui pensait comme moi.

Je pouvais capturer une idée sans me demander où la ranger. Je pouvais la relier à d'autres idées plus tard. Je pouvais voir les connexions émerger naturellement, au lieu de les forcer dans une arborescence artificielle. Exactement ce que je faisais dans ma base de connaissances personnelle physique, qui fonctionne avec des fiches, mais cette fois-ci, en version numérique.

C'était un avantage intellectuel énorme. Mes idées se nourrissaient les unes des autres. Je retrouvais des liens que je n'aurais jamais faits dans un système de dossiers.

Si vous vous êtes toujours senti frustré par l'organisation « classique » — si vous avez l'impression que votre cerveau ne rentre pas dans les cases — vous n'êtes probablement pas désorganisé. Vous pensez juste différemment.

Voici à quoi ressemble mon « réseau de pensée » sur Roam. Chaque point est une idée, chaque trait un lien.
Voici à quoi ressemble mon « réseau de pensée » sur Roam. Chaque point est une idée, chaque trait un lien.

Le problème suivant

Roam avait résolu mon problème pour les notes et les idées. Mais il restait un autre problème : mes tâches, mes projets, mes relations professionnelles.

J'ai tout essayé. Things. Todoist. Notion. Basecamp. Asana. Les Rappels d'Apple. Les dossiers sur mon ordinateur.

À chaque fois, le même scénario :

  1. Je découvre l'outil, enthousiaste
  2. Je crée des projets, des listes, des catégories
  3. Quelques semaines plus tard, j'ai des centaines de tâches éparpillées dans des dossiers que j'oublie
  4. Je me sens submergé
  5. J'abandonne l'outil

Le problème n'était pas ma discipline. Le problème, c'était que ces outils me forçaient à penser en silos — alors que mon cerveau pense en connexions.

La solution — je l’ai construite

Ces derniers mois, je n’ai pas été très actif ici, sur le blog et la newsletter. La raison, entre autres, c’est que j’étais occupé par un projet passionnant : créer mon propre outil pour résoudre ce problème.

Je l'ai appelé Keepsake.

L'idée est simple : tout est connecté.

  • Une note ou un évènement peut être relié à une personne
  • Une tâche peut être reliée à un projet ET à un contact
  • Quand j'ouvre le profil de quelqu'un, je vois tout : nos échanges, mes notes à son sujet, les tâches en cours, l'historique complet

Pas de dossiers. Pas de catégories rigides. Juste des connexions — comme fonctionne mon cerveau.

Et pour la première fois depuis des années, je n'abandonne pas, et ne reviens pas inlassablement à une version papier dans un journal. Pourquoi ? Tout simplement parce que l'outil est adapté à ma façon de penser.

À qui s’adresse Keepsake

Quand j'ai compris que j'étais INTJ, ma première réaction a été : « Super, un outil pour 2 % de la population. » Puis j'ai creusé : les INTJ ne sont pas les seuls à penser en réseau.

Tous les profils « intuitifs » du MBTI (ceux qui ont un « N » dans leur code) partagent cette tendance à voir les connexions, les patterns, les systèmes : les INTP (Logiciens), les INFJ (Avocats), les ENTP (Débatteurs), les ENFP (Inspirateurs)… Ça représente environ 25 à 30 % de la population.

Et au-delà du MBTI, il y a tous ceux dont le métier demande de jongler avec plusieurs projets, plusieurs clients, plusieurs idées en parallèle :

  • Les créatifs (écrivains, designers, artistes)
  • Les entrepreneurs et solopreneurs
  • Les freelances qui gèrent plusieurs clients
  • Les managers qui coordonnent des équipes

Si vous vous êtes reconnu dans cet article — si vous aussi, vous avez abandonné des dizaines d'outils parce qu'ils ne correspondaient pas à votre manière de penser — Keepsake est peut-être fait pour vous.