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Comment surmonter le syndrome de la page blanche ?

Si vous écrivez, vous serez un jour ou l’autre confronté au syndrome de la page blanche : vous devez écrire un texte, mais n’arrivez pas à vous lancer. Vous avez l’impression de ne plus avoir d’idées, vous doutez de vos capacités à écrire ce texte, et plus vous hésitez, plus le blocage s’accentue.

Surmonter le syndrome de la page blanche est assez simple en réalité : il vous suffit de vous lancer ; de commencer à écrire.

Facile à dire, me direz-vous. Pourtant, c’est la vérité. C’est tout ce que vous avez à faire. Vous devez vous lancer, commencer à écrire, et le reste suivra.

Si vous n’arrivez pas à vous lancer, c’est que vous mettez la barre trop haut. Vous imaginez le texte parfait que vous souhaitez écrire, le temps qu’il vous faudra pour y arriver, les idées que vous devrez trouver pour le rendre intéressant, la façon dont vous l’organiserez pour le rendre percutant… Tout ceci vous intimide, vous fait peur et vous bloque.

Plutôt que de rester ainsi, prenez une feuille de papier et écrivez un premier brouillon rapide de votre texte.

Pourquoi une feuille de papier ? Trois raisons à cela :

  1. Vous pourrez la jeter une fois terminée, et serez certain que personne ne la lira — tellement votre premier brouillon sera nul, mais c’est justement son but.
  2. L’écriture manuscrite est plus naturelle et intuitive que l’écriture au clavier et vous facilitera la tâche pour cet exercice. Le travail créatif s’apparente au flux de l’eau qui s’écoule d’un robinet. Le but de notre exercice est d’ouvrir ce flux. Le débit sera d’abord très faible, alors mieux vaut éviter toute friction qui pourrait le tarir.
  3. Vous aurez quelque chose de physique sous les yeux — une preuve irréfutable à soumettre à votre cerveau pour lui prouver que, ça y est, vous n’êtes plus bloqué !

Que devez-vous écrire sur cette feuille ? Écrivez les grandes lignes de votre article ou les idées dont vous souhaiteriez que vos lecteurs se souviennent. Vous pouvez aussi simplement décrire ce que vous avez à faire : « Je dois écrire un article qui explique à mes lecteurs comment surmonter le syndrome de la page blanche », puis continuez sur votre lancée : « j’y étais confronté ce matin, mais j’ai appris à le surmonter. Comment ? Je commence par prendre une feuille de papier… »

Vous voyez, en commençant à écrire, les idées s’enchainent et quelque chose prend naissance et se construit. Quand c’est ainsi, écrivez tout ce qui vous traverse l’esprit. Tant que les idées viennent, notez-les. Peu importe que ce soit bon, utile, intelligent, original ou redondant —notez tout. C’est le flux créatif dont je vous parlais à l’instant. L’eau commence à s’écouler. Tout doucement. Ne l’interrompez sous aucun prétexte. Continuez, jusqu’à ce que le débit augmente, sinon il vous faudrait tout recommencer. Quand le flux sera puissant, vous pourrez prendre du recul, mais pas avant. D’où l’importance d’être dans un environnement calme et isolé de toute distraction.

Une bonne façon de réaliser cet exercice, c’est d’imaginer croiser un très bon ami dans la rue. Il vous salue, puis vous demande ce sur quoi vous travaillez. Que lui répondez-vous ? Lorsqu’on vous pose un telle question, vous ne restez jamais totalement muet face à votre interlocuteur. Il vous arrive d’hésiter, de bégayer, voire de dire des choses ridicules, mais vous répondez quelque chose. C’est cela que vous devez écrire sur votre feuille. Votre premier brouillon ressemble à une conversation informelle. Rien de construit pour l’instant. Quelques lignes seulement, c’est suffisant.

Regardez ! Maintenant, votre feuille n’est plus blanche. Ça y est, vous avez vaincu le syndrome de la page blanche, vous avez quelque chose, un point de départ. Bien entendu, votre travail n’est pas terminé, mais vous vous êtes lancé et avez franchi l’obstacle le plus difficile à surmonter — celui que tant de personnes n’arrivent jamais à franchir. Je suis fier de vous.

Maintenant, il est temps de reprendre ce premier brouillon, de clarifier vos idées, de supprimer ce qui est inutile, d’améliorer vos phrases, d’enrichir votre vocabulaire… Mais, grâce à la base que vous avez, ce sera bien plus facile, vous verrez.

Rappelez-vous que quatre-vingts pour-cent du travail d’un auteur, c’est de l’éditing. On part d’un brouillon, qui est relativement rapide à écrire, puis on passe un temps fou à l’améliorer.

Le premier brouillon de cet article a été écrit en moins de deux minutes. Voici, mot pour mot, ce à quoi il ressemblait :

Le syndrome de la page blanche vient du fait que vous vous bloquiez avant même de commencer. Pour surmonter ce problème : prendre une feuille de papier et écrire un premier brouillon — une sorte de trame de votre article, chapitre, discours ou autre. Maintenant, votre feuille n’est plus blanche. Vous avez quelque chose. Votre travail est loin d’être terminé, mais vous vous êtes lancé — vous avez franchi la barrière la plus difficile. Maintenant reprenez ce texte, clarifiez vos idées, supprimez ce qui est inutile, améliorez vos phrases. 80 % de votre travail doit être l’éditing. J’ai mis deux minutes à écrire ce premier brouillon. 9 h 56 : j’attaque la relecture.

Vous voyez, j’aurais pu vous dire la même chose si nous nous étions croisés dans la rue et que vous m’aviez demandé un conseil pour vaincre le syndrome de la page blanche.

Après avoir écrit ce premier brouillon, je me suis immédiatement remis au travail et je me suis attaqué à sa réécriture. Il était 9 h 56.

Il est désormais 11 h 20. Je termine la première réécriture. Comme il s’agit d’un article pour mon blog quotidien, je ne cherche pas la perfection, sinon je ne ferais plus que ça de mes journées. L’écriture a donc été relativement rapide, et je ne reviendrai qu’une seule fois sur ce texte, ce soir, pour le relire une dernière fois, après l’avoir laissé reposé toute la journée.

S’il s’agissait d’un livre, mon travail serait loin d’être terminé. Je repasse généralement quatre fois sur tous mes textes — parfois plus —, en laissant plusieurs jours entre chaque réécriture. Ensuite, le manuscrit est relu, à deux reprises et dans son intégralité, par mon éditrice, qui me suggère des modifications et des améliorations.

— Nicolas Croce

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