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La plupart des photographes ont un problème, mais beaucoup ne le savent pas

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— Nicolas Croce —

Depuis plusieurs années, je pratique la photographie et l’enseigne à des dizaines de milliers d’élèves et de lecteurs. Cette expérience m’a permis de m’apercevoir d’une chose importante : beaucoup de photographes sont frustrés par la façon dont ils pratiquent la photographie.

Certains s’éclataient lorsqu’ils photographiaient avec leur smartphone, mais ont l’impression de stagner, voire de régresser, depuis qu’ils ont acheté un « vrai » appareil photo avec des boutons et des réglages partout.

D’autres ne trouvent pas le temps de prendre des photos et sont frustrés de ne pas pouvoir s’y consacrer plus sérieusement.

D’autres encore courent après le succès, la célébrité, veulent vivre de leur passion ou devenir « influenceur », mais n’y arrivent pas et sont frustrés par ce manque de réussite.

Il y a aussi ceux qui doutent de leurs compétences et se découragent de l’absence de progrès rapides.

Ceux qui manquent d’inspiration et ne trouvent pas de sujets intéressants à photographier.

Ceux qui entassent des milliers de photos sur leur disque dur sans savoir quoi en faire.

Ceux qui ont peur du regard des autres et n’osent pas photographier certains sujets ou publier certaines photos.

Ceux qui photographient leurs proches, leurs enfants, leur famille, et qui ne se considèrent pas comme des photographes, ou pensent que ces photos n’intéresseront personne.

Ceux qui espèrent pouvoir partir en voyage pour prendre de bonnes photos et, cloués chez eux par des obligations ou le manque d’argent, se désespèrent d’y arriver un jour.

Cette liste pourrait être sans fin…

Si vous y réfléchissez, je suis certain que quelque chose vous frustre dans votre pratique actuelle. Peut-être en ai-je parlé dans la liste ci-dessus ; peut-être que plusieurs points vous correspondent ; ou peut-être que ce qui vous frustre est totalement différent de tout cela… peu importe : quelque chose vous frustre dans votre pratique. Vous sentez que vous n’exprimez pas tout votre potentiel. Vous avez parfois l’impression de ne pas être un « vrai » photographe, de ne pas vous sentir à votre place, ou de ne pas savoir où vous allez.

C’est d’ailleurs ce que j’ai longtemps ressenti moi-même.

Lorsqu’on me demandait si j’étais photographe pro, ma réponse était : « pas vraiment ». Techniquement, je ne suis pas pro, puisque je ne vis pas de la vente de mes photos. Alors, à quoi cela me sert de prendre des photos ? Dans quel but est-ce que je pratique ? Pourquoi faire ?

De même, lorsqu’on me parle de ma pratique elle-même, comment la décrire ? Je ne sais pas quoi répondre à ceux qui me demandent quel type de photographie je pratique. Je prends des photos en voyage, mais je ne suis pas constamment en voyage — loin de là. Je pratique la photographie de rue, mais lorsque je photographie un paysage ou une fleur, est-ce de la photo de rue ? Pas vraiment. Photographe de paysages alors ? Un peu, mais pas seulement. Famille ? Aussi, régulièrement, mais cela ne me définit pas.

Bref, longtemps j’ai eu l’impression de n’entrer dans aucune case. J’en venais même à me poser des questions sur l’utilité de ma démarche, et au final, j’étais frustré de tout ça. Comment avancer quand on ne sait pas où l’on va ? Vers qui se tourner pour des conseils si l’on ne sait pas quel type de photo on pratique ?

C’est un peu bête, mais au final, j’étais un peu perdu, et tout ceci était franchement frustrant. Je sentais que je n’étais pas parfaitement épanoui dans ma pratique.

Ça vous parle ? Ce sont des questions que parfois vous vous posez ? Ça ne m’étonne pas, car dès que j’aborde le sujet avec des élèves, ils sont nombreux à se reconnaitre dans mon histoire, et à se sentir soulagé de ne pas être les seuls à ressentir cela.

Alors c’est vrai, cette frustration que vous ressentez n’est peut-être qu’occasionnelle et assez légère. Mais, prêtez-y tout de même attention, car à long terme, cela risque d’empirer.

Je ne dis pas ça pour vous alarmer ou vous démoraliser, mais au contraire, pour vous aider. Beaucoup de photographes ne font pas attention à cette frustration. Ils la laissent s’installer, puis grandir, jusqu’au jour où ils ne peuvent plus l’ignorer. Que se passe-t-il alors ? Généralement, ils perdent inspiration et motivation, puis abandonnent la photo.

Ne faites pas cette erreur. Si vous êtes frustré dans votre pratique, si quelque chose vous dérange, si vous vous posez des questions, n’attendez pas : corrigez le tir aussi vite que possible — avant qu’il ne soit trop tard.

De mon côté, c’est ce que j’ai fait, et j’en suis très heureux aujourd’hui, car je suis parfaitement épanoui dans ma pratique. Je sais pourquoi je prends des photos, je sais ce que je cherche, je sais où je vais, je sais qui prendre comme modèle. Lorsqu’on me pose une question, je sais expliquer ma pratique. Je n’ai plus de doutes, j’ai confiance en moi et en ce que je fais, et vraiment, ça change tout — c’est comme une libération ; comme si l’on m’avait enlevé un gros poids des épaules.

Quel est mon secret ? Comment ai-je pu arriver à cette transformation ?

En réalité, c’est assez simple. Inutile de faire des efforts colossaux, d’apprendre des choses techniques et compliquées, de passer un temps fou là-dessus. Non, le problème ne se règle pas comme cela — au contraire, ça l’empirerait et vous seriez encore plus frustré qu’avant.

Cet article est déjà long, je vais donc m’arrêter là. Mais pas de panique, je continuerai sur le sujet dans un second article que je publierai sur le blog d’ici 48 heures. (Pour ne pas le manquer et si ce n’est pas déjà fait, pensez à vous abonner à la newsletter)

En attendant la suite, j’ai une question à vous poser : qu’est-ce qui vous frustre dans votre pratique actuelle de la photographie ?

Prenez le temps d’y réfléchir et répondez-y franchement. N’ayez pas peur, car encore une fois, c’est quelque chose de très commun chez les photographes et partager ce que vous ressentez permettra certainement à d’autres personnes de réaliser qu’elles aussi ressentent cela.

Qu’est-ce qui vous frustre dans votre pratique actuelle de la photographie ? Vous pouvez répondre dans les commentaires qui se trouvent juste en dessous (ou en cliquant sur le lien ci-dessous si vous recevez ceci par email.)

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Commentaires

  1. Tu décris très bien ce que ressentent de très nombreux photographes amateurs, qui n’osent franchir le pas pour aller vers une dimension nouvelle, qui leur apporterait quelque chose sans que leur pratique ne soit vraiment remise en cause.
    Je suis dans le même cas que toi, me pose ou me suis posé les mêmes questions, alors merci d’avoir ainsi traduit ce sentiment en mots si clairs.

    1. Avec plaisir Jean-Christophe, et surtout, merci pour ton témoignage et la confirmation que nous sommes nombreux à nous poser des questions.
      Comme moi, tu baignes dans le monde de la photo. J’imagine que ceux pour qui ce n’est pas le cas doivent avoir encore plus de doutes.

  2. Oui c’est tout à fait cela : manque d’inspiration, manque de confiance, photos prises à la sauvette, sujet d’un projet…..mais je ne vais reprendre ce que tu as si bien écris avec les bons mots. À bientôt sur Discord

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire Françoise. Tu n’es pas la seule dans cette situation, et tu verras que ce n’est pas si compliqué d’améliorer cela. On en reparle dans le prochain article qui sortira mercredi.

  3. François jean Michel

    Bonjour Nicolas. Pour ma part ma frustration vient du faite que je reprends la photo depuis peu après avoir pratiqué l’argentique il y a très longtemps. Le numérique est nouveau pour moi et les formations me permettent d’avancer mais le temps me manque pour me consacrer à 100% à cette passion. Le plus dur pour moi est la post production avec Lightroom pour pouvoir exporter les photos retouchées sur une clé USB dans un format jpeg qui pourra être lu sur un ordinateur sans perdre les modifications faites sur mes fichiers raw J’ai acheté ton livre et commence à peine à le lire j’espère y trouver les réponses.

    1. Côté Lightroom, inutile d’être frustré par cela. Il s’agit juste d’un problème technique que tu résoudras très rapidement. Il faut un peu de temps pour comprendre comment fonctionne Lightroom et s’habituer au logiciel, mais après ça roule tout seul. Mon livre devrait t’aider de ce côté là, surtout pour la mise en place d’un flux de travail efficace, ce qui est le nerf de la guerre de tout photographe — plus important, de mon point de vue, que la retouche des photos. D’ailleurs, cette organisation te permettra de gagner du temps.

      Concernant le temps justement, le plus important est de comprendre que tu n’as pas besoin de plusieurs heures d’affilée pour pratiquer la photo. Tu peux la pratiquer un peu n’importe quand. Prends l’habitude de toujours avoir un appareil photo sur toi, d’ouvrir l’œil, et tu verras que tu trouveras des sujets interessants. On en reparlera d’ici peu sur le blog 😉

  4. Bonjour nicolas, de mon côté ma principale frustration est la gestion du temps…
    Ce temps ci précieux qui ne s’allonge pas au fil des années.
    J ai beaucoup travaillé sur mon workflow avec tes livres, tes conseils qui m’ont permis aujourd’hui d’être plus efficace que jamais.
    Seulement voilà, le boulot (libéral) pour ma part, les enfants, les amis, la famille… bref pas simple de trouver le temps pour traiter toutes ces photos!
    Le soir après le boulot je suis rincé, le matin avant le réveil des enfants en ce moment pas simple quand bébé ne fait pas ses nuits.
    Je ne perds pas espoir j ai des tonnes de projets, des tonnes d’idée le plus difficile et le plus frustrant pour moi tu l’as compris c est de trouver du temps.
    Merci pour tes formations, tes conseils,ta bienveillance.
    À bientôt

    1. Salut Erwan,
      Le temps est un problème pour tout le monde, et je me reconnais tout à fait dans ce que tu décris !
      Si tu n’as pas beaucoup de temps, l’important c’est de comprendre que tu peux pratiquer la photo partout et tout le temps, sans nécessairement avoir besoin de plusieurs heures d’affilé, ni même de sortir de chez toi ou de ton boulot. Bien entendu, tous les projets ne sont pas compatibles avec cette pratique, mais le plus important c’est de savoir s’adapter aux difficultés et d’arriver à conserver, malgré tout, un peu d’espace pour une activité créative — nous en avons tous besoin.

  5. Bonjour Nicolas! Tu as bien décris ce qui me freine! Je manque de confiance en moi et en mes habiletés. Je crois que mes photos ne sont jamais assez bonnes et n’intéresseront personnes, que mes sujets sont sans intérêt. Tous ces questionnements et ces doutes font que je consacre moins de temps à photographier…et ça m’attriste car j’adore ça. Quand les gens me demande de les photographier tous mes doutes resurgissent et je décline ces projets. Avec le temps, de plus en plus je me trouve l’excuse du manque de temps pour photographier. Je suis dans un mauvais cycle… Mais j’aime beaucoup vos articles, vos newsletters…ils m’aident à garder un lien avec la photographie en attendant un déclic! Merci!

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire Sophie, et je comprends tout à fait ce que tu ressens, car c’est quelque chose de très commun — tu n’es absolument pas la seule à ressentir cela, si ça peut te rassurer.

      Tu ne dois pas t’en vouloir d’agir ainsi. Essaye simplement d’y aller pas à pas, pour casser ce mauvais cycle.

      Premièrement, sache qu’il est très facile d’impressionner les gens avec une photo. Si un portrait est à peu près bien cadré, à peu près bien exposé et à peu près net sur le visage, les gens l’adoreront, car il les représente (et ce que préfère une personne, c’est sa propre image 😉 Ne te mets pas la pression, fait simple, et tu verras que tes sujets adoreront.

      Deuxièmement, pratique régulièrement et commence facile. Si c’est photographier les gens qui te fait peut, passe chaque jour un peu de temps à photographier les gens dans la rue. 10 minutes par jour c’est suffisant. Commence par photographier les gens de loin, puis rapproche-toi petit à petit.

      Tu peux les photographier sans qu’ils s’en aperçoivent, ou au contraire en leur demandant de poser pour toi. Commence par ce qui est le plus facile pour toi, puis quand tu seras à l’aise, force toi à aller vers l’autre méthode.

      Il faut savoir sortir de sa zone de confort, mais si tu commences par trop difficile, tu te bloqueras et ce sera contreproductif. Mieux vaut y aller pas à pas et se laisser du temps. Faire quelque chose qui te fait un tout petit peu peur, mais pas trop non plus, et surtout, accepter chaque petite victoire.

      Tu es la meilleure et je suis sur que tu y arriveras !

  6. Bonjour Nicolas,
    Je retrouve dans ton article plusieurs de mes frustrations, (dont la difficulté à faire l’effort de me séparer du smartphone pour apprivoiser boutons et technique de l’appareil photo…) mais je me sens soudain moins seule, ravie d’avoir enfin trouvé une « famille » pour apprendre et échanger autour d’une passion commune grâce à cette université de la photo et t’en remercie vivement!

    1. Bonjour Alexandra et merci beaucoup pour ton commentaire.
      Je suis ravi de pouvoir t’aider et que tu trouves ta place ici.
      On va très vite reparler de la frustration que tu évoques dans ton message, à savoir apprivoiser la technique d’un « vrai » appareil photo. Beaucoup de personnes y attachent trop d’importance. Il faut la comprendre, c’est important, mais il faut aussi savoir simplifier sa pratique pour s’écarter de la technique et ainsi libérer son esprit et son regard. Sans cela, on devient incapable de voir. Et voir, c’est ce qui est le plus important pour un photographe.

  7. Pour moi la photo c’est voir le beau autour de moi et immortaliser certains événements
    Cependant je ressens parfois de la frustration lorsque je ne suis pas assez réactive ou rapide pour photographier quelque chose d’éphèmere ou lorsque je visionne ma photo et qu’elle ne représente pas ce que je souhaitais transmettre à la personne qui l’a regardera

    1. Bonjour Noëlle et merci beaucoup pour ton commentaire.

      Voir, photographier et partager la beauté est extrêmement important. C’est drôle que tu parles de cela, car c’est justement le sujet de mon prochain article, tu le découvriras demain 😉

      La rapidité et la réactivité sont effectivement très importantes. Je prépare d’ailleurs quelque chose à ce propos, car c’est extrêmement important. Sans cette réactivité, sans être capable de prendre une photo instinctivement (un peu comme on rattrape un objet qui tombe avant qu’il ne touche le sol), beaucoup de sujets intéressants nous échappent — et c’est dommage.

  8. Je me suis demandé effectivement quel genre de photographe j’étais et grâce à toi j’ai compris que mon plaisir résidait dans » la photographie de tous les jours »
    et comme j’avance en âge, cette appellation me convient parfaitement. Je regarde le monde autour de moi et je photographie ce qui me touche, un point c’est tout. Je n’aspire pas à la notoriété, je prends avec plaisir les compliments de mes pairs quand ils arrivent et cela me suffit pour me motiver à continuer et chercher à m’améliorer. J’ai fait un gros travail sur moi-même avant d’oser montrer mon travail, ça a été payant, l’expo de mars /avril a été bien reçue, que demander de plus ? C’est encourageant pour la suite et ça me pousse à me dépasser pour produire un travail cohérent en toute simplicité

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire, c’est génial que tout ceci te corresponde et t’aide à avancer.
      Ce que tu décris correspond vraiment à ce que je cherche à transmettre, et je suis ravi que cela fonctionne pour d’autres que moi 🙂

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