Ne vous opposez pas au progrès — embrassez-le

Face aux ruptures technologiques, la seule posture tenable est celle du créateur : c'est l'exigence et le goût — non la résistance — qui protègent de l'obsolescence.

Au début du XIXe siècle, les luddites détruisaient les métiers à tisser anglais, craignant qu'ils ne les privent de travail. Depuis, le terme désigne ceux qui s'opposent aux nouvelles technologies.

La prospérité humaine et la plupart des grandes avancées sociales du passé — particulièrement les améliorations du niveau de vie —, découlent directement ou indirectement de gains de productivité. Quand on peut produire plus avec moins d'efforts (grâce à l'agriculture, l'industrialisation, l'informatique…), la richesse collective augmente. C'est ce qui nous a permis de passer de sociétés où 90% des gens travaillaient la terre à des économies diversifiées avec du temps libre, de l'éducation, de la santé.

Se rebeller contre l’IA et les robots sous prétexte que nous pourrions devenir trop productifs me semble ainsi, à l’échelle de l’humanité, relever d'un contresens historique.

Le problème, c’est que l’échelle de l’humanité ne tient pas compte de chaque individu. Si le progrès global est à la fois positif et certain, les périodes de transition sont toujours douloureuses pour bon nombre de personnes.

Cela ne signifie pas qu’il faille empêcher ou ralentir le progrès. Bien au contraire. Mais nous devons, chacun, prendre conscience des grands changements que cela induit, et plutôt que de les regarder, de loin, avec crainte — s’en rapprocher, s’y intéresser, et réfléchir à un moyen d’en profiter.

Ainsi, plutôt que d’être des victimes collatérales du progrès, nous pouvons en être les acteurs, voire les moteurs.