Essai nº 1 512

Photographier les inconnus : un impact positif énorme sur vous et vos photos

4 mars 2024 · 10 min de lecture · Articles

Imaginez-vous marchant dans les rues de votre ville, où chaque recoin offre une nouvelle scène, un nouveau visage, une nouvelle histoire à découvrir.

Au milieu du chaos urbain, un enfant court derrière un ballon, ses yeux pétillants de rire. À quelques mètres de là, un vieux couple se tient la main, leurs rides témoignant d’une vie de complicité et d’amour. Un peu plus loin, deux jeunes filles discutent, assises à un café, dans une magnifique lumière de coucher de soleil.

Ces moments de vie éphémères, qui passent trop souvent inaperçus, sont l’essence même de notre pratique.

La photographie de tous les jours, c’est l’art de capturer la beauté dans l’ordinaire, de révéler la poésie de la vie quotidienne, et de donner un sens nouveau à ce qu’il y a de plus banal.

Cette pratique ne demande pas de studio, pas de mise en scène, pas de préparation ni de planification ; juste un œil attentif et la capacité de voir l’extraordinaire dans l’ordinaire.

Sortez de chez-vous et déclenchez ! C’est tout ce que vous avez à faire.

La photographie de tous les jours nous invite à explorer le monde avec curiosité, mais également à développer une empathie pour nos sujets et, finalement, à nous découvrir nous-même, à travers notre objectif.

Car oui, au cœur de la photographie de tous les jours, il y a l’humain.

D’un côté, le photographe ; de l’autre, tous ces inconnus que nous croisons chaque jour et que nous pouvons photographier — chose que je vous encourage vivement à faire, car photographier les inconnus que vous croisez dans la rue aura un impact positif énorme, aussi bien sur vous que sur vos photos.

Photographier les inconnus : un impact positif énorme sur vous et sur vos photos

D’un point de vue artistique,

Henri Cartier-Bresson, Robert Frank, Vivian Maier, Garry Winogrand, Diane Arbus, Joel Meyerowitz, Saul Leiter, William Klein, Bruce Gilden, Elliott Erwitt, Daido Moriyama… Les plus grands noms de la photographie s’intéressent à l’humain, et photographient des inconnus dans leur quotidien et leur environnement habituel — la rue.

En vous intéressant à l’humain, en photographiant des inconnus que vous croisez dans la rue, en ajoutant des gens sur vos photos, vos créations seront bien meilleures, bien plus intéressantes, et auront davantage de succès, c’est certain.

Mais, et c’est quelque chose dont on ne parle pas assez souvent, vous aussi, qui tenez l’appareil photo, serez positivement transformé par cette pratique :

En bref, ajouter de l’humain à vos photos enrichira vos images sur le plan artistique, et augmentera son impact et son succès auprès du public — notamment en transformant vos photos en histoires et en établissant des connexions émotionnelles qui résonnent dans le cœur des spectateurs.

Photographier des inconnus dans la rue est un formidable moyen d’améliorer vos photos, de pratiquer sans jamais vous ennuyer, de vous transformer et de grandir, mais également, de célébrer et d’affirmer la vie. Car cette approche nous invite à regarder le monde avec davantage d’attention, d’empathie et d’appréciation pour la complexité et la beauté de la vie humaine.

Malheureusement, ce n’est pas aussi facile que ça en a l’air…

Comme nous venons de le voir, photographier les inconnus et ajouter de l’humain à vos photos est une voie extraordinairement riche et gratifiante, offrant des opportunités illimitées d’exploration, de développement personnel et créatif, sans les contraintes financières ou logistiques d’autres genres photographiques.

Mais si vous vous êtes déjà essayé à cette approche, si vous avez déjà tenté de photographier des inconnus dans la rue, vous avez dû vous apercevoir que ce n’était pas aussi facile que ça en a l’air.

Oui, sur le papier, il suffit de sortir dans la rue et de déclencher.

Mais dans la réalité, c’est bien plus difficile que ça.

Photographier des inconnus dans la rue peut être une source d’anxiété et de réticence pour de nombreux photographes.

Vous sortez dans la rue, vous voyez des sujets intéressants, mais vous hésitez.

Au moment de déclencher, vous êtes comme submergé par un éventail d’émotions négatives ; un mélange de doute et de peur ; et au final, vous renoncez.

Toutes ces peurs et ces émotions vous paralysent.

Et le pire dans tout ça, c’est que plus vous attendrez pour sauter le pas, plus ça deviendra difficile. Vos peurs prendront le dessus. Votre imagination les exacerbera. Et vous finirez par vous auto-persuader que vous n’aimez pas les gens.

Moi aussi, j’étais timide. Mais la photographie a tout changé !

Quand j’étais étudiant, j’étais incapable de traverser une place sur laquelle il y avait du monde.

Je me souviens, à Montpellier, sur la place de la Comédie, proche de l’endroit où j’habitais, il y avait des terrasses de café. Lorsque je devais traverser cette place, je me débrouillais toujours pour marcher entre les immeubles et les terrasses — les personnes assises au café me tournaient ainsi le dos, et j’étais bien plus à l’aise.

Si je marchais devant les gens, j’avais l’impression que tout le monde me regardait ! J’étais en fait victime d’un biais cognitif bien connu, étudié et répandu : « l’effet de projecteur », qui nous donne l’impression d’être davantage remarqué par les autres que ce qu’il se passe en réalité.

Si vous marchez dans la rue et trébuchez sur un obstacle, vous imaginez que tout le monde a remarqué votre faux pas, alors qu’en réalité personne n’a rien vu. Nous vivons constamment dans notre propre monde et attachons une grande importance à notre personne. Cette attention constante nous incite à imaginer que les gens autour de nous s’intéressent à nous. Mais la réalité est tout autre : eux aussi vivent dans leur propre monde — ils ne nous remarquent même pas.

Vous imaginez bien qu’à cette époque, il m’était impossible de photographier un inconnu à la sauvette, et encore plus d’aller aborder quelqu’un pour lui demander de poser pour moi.

Pourtant, aujourd’hui, j’y arrive.

Je suis capable de photographier des inconnus à la sauvette :

Ou d’aborder des gens et leur demander de poser pour moi :

Le jour où vous serez enfin capable de photographier des inconnus…

Le fait d’arriver à photographier des inconnus a été une véritable transformation, qui a tout changé dans ma pratique, mais aussi, plus largement, dans ma vie tout entière.

Le jour où vous serez enfin capable de photographier n’importe qui, d’aborder un inconnu pour lui demander de poser pour vous, vous trouverez des sujets intéressants où que vous soyez et quoi que vous fassiez.

Vos photos seront bien plus attrayantes et auront davantage de succès — si les plus grands photographes et artistes de tous les temps s’intéressent autant aux humains, ce n’est pas un hasard.

Et de votre côté, vous serez bien plus à l’aise avec les gens, bien plus emphatique — c’est une grande force — et serez capable d’aborder quelqu’un dès que cela vous est utile :

Je le répète souvent : un appareil photo est un instrument magique, et la photographie un formidable support de développement et d’épanouissement personnel. Et dans cette situation, c’est encore une fois le cas. Si vous êtes timide, introverti, et manquez de confiance en vous, aller vers les gens au moyen de votre appareil photo changera rapidement votre vie, je peux vous l’assurer.

C’est ce qui m’est arrivé, je peux donc en attester !

Quant à savoir comment faire, comment y arriver, je vous en parlerai dans mon prochain article, car celui-ci est déjà long.

De mes débuts, où le simple fait de marcher devant des inconnus était une épreuve, à aujourd’hui, où je suis capable de photographier des inconnus à la sauvette ou de les aborder pour leur proposer de poser pour moi, j’ai appris énormément de choses.

Il est temps pour moi de vous en faire profiter.

À demain pour la suite !

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