Essai nº 714

Méfie-toi de toi-même comme d’un ennemi que tu redoutes – Le Manuel d’Épictète – Chapitre 48

24 mars 2020 · 1 min de lecture · Épictète

Conduite et caractère de l’homme ordinaire : il pense que toute aide ou toute nuisance ne peut venir que de l’extérieur — d’une autre personne, d’un évènement, d’une circonstance.

Conduite et caractère du philosophe : il pense que toute aide ou toute nuisance ne peut venir que de lui-même.

Signes de celui qui progresse : il ne critique personne, il ne loue personne, il ne se plaint de personne, il n’accuse personne, et il ne se fait pas passer pour quelqu’un qui sait quoi que ce soit ou qui a une quelconque importance. Quand il est frustré, déçu ou qu’il échoue dans un projet, il ne s’en prend qu’à lui même. Quand on le complimente ou qu’il réussit, il sourit intérieurement mais sans exulter. Enfin, quand on le blâme, il ne se justifie pas ; il ne prend même pas la peine de répondre.

Il a supprimé tout désir. Il n’a en aversion que les choses qui vont à l’encontre de la libre utilisation de sa volonté et qui appartiennent à sa sphère de contrôle. Il agit toujours avec calme et détermination. Et s’il passe pour un sot ou un ignorant, il ne s’en inquiète pas.

En un mot, il se méfie de lui-même comme d’un ennemi dont on redoute les pièges.

Partager cet essai