Essai nº 663

Tout a un prix — Le Manuel d’Épictète – Chapitre 25

4 février 2020 · 2 min de lecture · Épictète

On a préféré inviter quelqu’un d’autre que toi à un diner ? Les conseils d’un autre ont été sollicités avant les tiens ? Si ces marques d’estimes sont positives, tu dois te réjouir de ce qu’un autre les ait obtenues. Si elles sont négatives, ne te plains pas si tu ne les as pas obtenues. Souviens-toi que si tu ne fais pas autant d’efforts que les autres pour obtenir de tels honneurs, tu ne peux pas prétendre aux mêmes résultats.

Une personne qui ne flatte personne ne peux pas prétendre aux avantages qu’obtient un flatteur. Une personne qui danse magnifiquement bien obtient des récompenses qu’une personne qui reste assise ne peut pas obtenir. Si tu refuses de flatter quelqu’un, tu ne peux pas prétendre aux mêmes compensations que celles qu’obtiendra un flatteur. Ce serait injuste, et tu serais trop gourmand de refuser de payer le prix que ces privilèges requièrent, et espérer les obtenir gratuitement.

Combien coute une laitue ? Suppose que ce soit 1 euro. Quelqu’un donc paye 1 euro et emporte une laitue. Toi, tu n’as rien acheté et donc rien emporté. Ne pense pas avoir moins que cette personne car, s’il a une laitue, tu as, toi, l’euro que tu n’as pas dépensé.

C’est la même chose dans ton cas. Un tel ne t’a pas invité à un repas ? C’est que tu n’as pas donné à celui qui invite le prix qu’il vend son repas. Il le vend contre des compliments ; il le vend contre des attentions. Donc, paye le prix si tu penses en tirer des avantages. Mais tu es un idiot si tu ne veux rien payer et tout de même recevoir les bénéfices.

N’as-tu rien obtenu de bon à la place du repas ? Si, tu as l’avantage de ne pas avoir du faire des compliments à quelqu’un que tu n’appréciais pas, et de ne pas avoir été confronté à l’insolence des portiers.

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