L'essentiel de la photographie

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Ce livre est à la fois simple, clair et sans langage technique. Parfaitement adapté aux photographes débutants, il vous aidera à comprendre le triangle de l’exposition et à sortir du mode auto de votre appareil photo. Les exercices qu’il propose vous permettront de mettre en pratique la théorie sur le terrain.

À lire puis à garder à portée de main pour vous remémorer les bases essentielles de la photo.

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L’erreur des coûts irrécupérables — Biais cognitif

Les coûts irrécupérables sont les coûts qui ont déjà été payés définitivement. Ils ne sont ni remboursables, ni récupérables par un autre moyen.

Par exemple, vous êtes au cinéma et le film que vous regardez ne vous plait pas. La décision logique et rationnelle serait de quitter la salle, car en restant vous perdez votre temps. Pourtant, la plupart des gens refusent de le faire sous prétexte qu’ils ont déjà payé leur place.

Qu’ils quittent la séance en avance ou pas ne change pourtant rien — ils ont déjà payé leur place, il s’agit d’un coût irrécupérable —, mais s’ils restent, c’est parce qu’ils sont victimes d’un biais cognitif qu’on appelle l’erreur des couts irrécupérables.

Comprenez bien ceci : les couts irrécupérables ne devraient jamais être pris en compte dans une décision, puisqu’ils sont déjà perdus. Quoi que vous fassiez, quelle que soit la décision que vous preniez, vous ne pouvez pas les récupérer.

L’erreur des coûts irrécupérables est un biais cognitif dangereux, car il nous pousse à continuer dans un projet sous prétexte qu’on y a déjà investi de l’argent, du temps, ou de l’amour, même s’il s’agit d’une cause perdue — et plus l’investissement est important, plus les coûts irrécupérables grossissent, plus ils nous poussent à continuer.

Renoncer à ce projet équivaudrait à admettre notre défaite, à avouer que nous nous sommes trompé, et ça, notre cerveau n’aime pas, alors il s’obstine et nous persuade qu’il faut continuer : « On a déjà dépensé des milliers d’euros dans cette campagne marketing, il ne faut pas arrêter maintenant ! Peut-être que si on investit davantage, ça finira par marcher ? »

C’est une façon pour lui de retarder l’échec, mais généralement, plus on repousse l’échéance, plus le problème s’aggrave.

Lorsque vous prenez une décision, vous ne devez pas tenir compte du passé — et donc des coûts irrécupérables —, mais seulement de l’avenir — c’est-à-dire du potentiel de votre projet ou des répercussions qu’aura votre décision sur le futur.

Imaginez qu’en bourse vous achetiez un grand nombre d’actions dont le cours s’effondre. Au moment de prendre une décision — conserver ou vendre vos titres —, vous ne devez pas tenir compte du prix d’achat — il s’agit d’un coût irrécupérable —, mais uniquement de la santé économique de la société et de son potentiel pour le futur. Si la société est promise à un avenir radieux, le cours de ses actions remontera ; à l’inverse, si les fondamentaux ne sont pas bons, le cours continuera à plonger, et ce quel que soit votre prix d’achat — vous comprenez ici que plus vous retarderez votre décision, plus les répercussions pourront être désastreuses.

L’exemple le plus connu de ce biais cognitif est celui du Concorde — à tel point qu’on parle de « Concorde fallacy » ou de « l’erreur de jugement du Concorde ». Les gouvernements français et britannique se sont entêtés à poursuivre ce programme bien qu’ils aient su très tôt que ce serait un échec commercial — dès 1973, la quasi-totalité des commandes en option avaient été annulées —, mais comme des dépenses considérables avaient été engagées, ils n’ont jamais voulu renoncer. Combien d’argent aurait pu être économisé — et plus récemment, combien de vies auraient pu être sauvées — s’ils n’avaient pas été victimes de ce biais cognitif des coûts irrécupérables ?

(Qu’il s’agisse de scientifiques, d’entrepreneurs, d’investisseurs ou de créatifs, les plus grands cerveaux de la planète prennent chaque jour des milliers de décisions. S’ils sont capables de prendre autant de décisions, de résoudre des problèmes aussi compliqués, d’anticiper la façon dont le monde évolue, c’est parce qu’ils s’appuient sur des outils puissants, mais malheureusement trop peu connus : les modèles mentaux. Les modèles mentaux sont des outils qui vous permettent de mieux appréhender le monde, de prendre de bonnes décisions, ou encore d’affronter les situations complexes avec plus de sérénité. Ils représentent une vraie boite à outils pour votre cerveau. Plus vous en connaitrez, mieux vous serez équipé pour prendre des décisions rapides et intelligentes. Je publie régulièrement sur mon blog de nouveaux modèles mentaux. Vous pouvez retrouver ceux déjà publiés ici : Les modèles mentaux.)